Quand le Viet Vo Dao tisse les liens entre une mère et ses filles
Sur l'Île de Ré, Thi Thu Hang Heraudeau transmet bien plus qu'un art martial à Stella et Kimmy.
Portrait d'une pratiquante qui fait de chaque entraînement un moment de connexion familiale.
Dans le club Thanh Long Île de Ré, trois silhouettes répètent le même enchaînement avec une synchronisation presque chorégraphique. Thi Thu Hang Heraudeau, 37 ans, ceinture noire 1er Dang et instructeur fédéral, partage le Võ Đường avec ses deux filles, Stella et Kimmy.
Une figure discrète mais redoutable
Dans un univers des arts martiaux encore largement dominé par les figures masculines, Thi Thu Hang trace son propre chemin avec une détermination tranquille. Originaire du Vietnam, cette Franco-Vietnamienne est aujourd'hui l'une des pratiquantes les plus respectées de sa génération au sein du club rétais.
Son parcours force le respect : ceinture noire 1er Dang, instructeur fédéral diplômée, compétitrice aguerrie. Mais derrière ces distinctions, c'est avant tout une philosophie de vie qu'elle défend. « Le Viet Vo Dao n'est pas un sport, c'est une discipline et un art qui forge le corps et l'esprit », explique-t-elle. « Il m'a appris la patience, l'humilité et la persévérance. Des valeurs que je veux transmettre à mes filles. »
Le Viet Vo Dao : un héritage culturel
Art martial traditionnel vietnamien, le Viet Vo Dao — littéralement « la voie de l'art martial vietnamien » — puise ses racines dans une histoire millénaire. Pour Thi Thu Hang, pratiquer cette discipline représente aussi un lien avec ses origines, une façon de maintenir vivante une part de son identité culturelle tout en l'offrant en héritage à la génération suivante.
« C'est une fierté de pouvoir partager cette tradition avec Stella et Kimmy », confie-t-elle.
Un dialogue sans paroles
Pratiquer ensemble les mêmes mouvements a créé entre cette mère et ses filles un mode de communication singulier. « On apprend à se faire confiance, à se jauger, mais surtout à s'encourager et se stimuler », confie Thi Thu Hang. « C'est très profond. »
Le Đai Đen en héritage
Pour Kimmy et Stella, l'exemple maternel dépasse largement le cadre sportif. Voir leur mère gravir les échelons, passer ses grades, surmonter les difficultés des compétitions, a constitué une leçon de vie grandeur nature.
« Voir maman réussir sa ceinture noire nous a montré que tout était possible avec de la discipline », témoignent-elles.
Leur objectif ? Porter à leur tour le Đai Đen, la ceinture noire. « C'est notre modèle. »
